Episode 3 – « On envisage une vie à trois sur le long terme »

Episode 3 – « On envisage une vie à trois sur le long terme »

Lou* était censée passer quelques jours chez Alex* et Arthur*, dans la campagne bretonne Entre temps, le confinement total obligatoire a été annoncé. Et elle est restée.


Quand Alex, 35 ans, et Arthur, 33 ans, se sont rencontrés, le premier était polyamoureux, le deuxième monogame. Arthur a appris doucement cette autre façon d’aimer : « Il est d’abord devenu « polyacceptant » : on continuait de sortir ensemble, il était ok pour que j’aie d’autres partenaires et pour les rencontrer » raconte Alex. « Puis plus tard, il s’est inscrit sur OKCupid et a rencontré d’autres personnes. Maintenant nous sommes tous les deux polyamoureux et avons chacun plusieurs relations, qui sont toutes aussi importantes que celle que nous vivons tous les deux. »

Cela fait maintenant 9 ans qu’ils sont nesting partners, à savoir qu’ils vivent ensemble tout en ayant d’autres relations à côté. Ce, dans la confiance, l’honnêteté et la communication. Les mots d’ordre du polyamour. « Si on rencontre quelqu’un d’autre, que ce soit sérieux ou non, on en parle à nos autres partenaires » explique Alex. « La communication est centrale dans toutes les relations que nous entretenons. On essaie tous autant que possible d’être à l’écoute de nos partenaires, de leurs besoins, de leurs limites. »

Il y a 3 ans, Lou, 28 ans, est entrée dans la vie d’Arthur. Elle partage les mêmes valeurs que le couple et a l’habitude de passer des week-ends chez eux. Elle est écrivaine et peut travailler depuis chez elle, tout comme Alex qui est auteur de BD et Arthur qui est graphiste. Alex, qui ne souffre pas de jalousie ni de manque confiance, la considère comme une amie et vit très sereinement le confinement avec celle qui entretient une relation amoureuse avec son compagnon. C’est le principe de la compersion, à savoir le fait d’être heureux pour son partenaire s’il est heureux avec quelqu’un d’autre. Le contraire de la jalousie, en somme.

« La question de la jalousie, de la peur de valoir moins que les autres personnes que ses partenaires côtoient est une réalité que vivent beaucoup de personnes polyamoureuses. Et comme pour des relations monoamoureuses, cela peut se résoudre avec beaucoup de communication et de réflexion sur ce que l’on attend d’une relation avec quelqu’un. Le polyamour demande autant de travail que le monoamour, mais en plus on se donne la chance de rencontrer et partager des moments de vie avec plein de personnes passionnantes. Le tout est de la faire dans un total respect et consentement de tous. »

Alex

Déconstruire les schémas de couple traditionnels, se libérer du besoin de posséder son partenaire et de faire fusion pour laisser place à des relations faites d’individus à part entière, ayant leurs propres buts et envies, et pouvant aimer librement les personnes que la vie aura mises sur leur chemin. C’est ainsi qu’Alex, Arthur et Lou ont choisi de bâtir leur vie.

Ils envisageaient déjà une vie à trois. Si le confinement se passe bien, si tout le monde est satisfait, ils réfléchissent à s’y aventurer plus tôt que prévu : « Cela va nous permettre de discuter des limites de chacun et de voir comment régler certains problèmes s’il y en a. » explique Alex.

Plus tard, ils veulent vivre en autonomie dans une grande maison dans la forêt. Une grande maison avec un maximum de chambres, bien sûr, au cas où d’autres de leurs partenaires souhaiteraient s’y joindre. 



*Les prénoms ont été modifiés

Une réponse

  1. STAR dit :

    Superbe article !
    Merci d’informer là dessus!

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