Episode 4 – « On s’est rencontrés quand je l’aidais à déambuler un patient »

Episode 4 – « On s’est rencontrés quand je l’aidais à déambuler un patient »

Sur le front aussi, on tombe amoureux. Et il faut faire avec les circonstances. Simon* est infirmier, Elane* est kinésithérapeute. Ils se sont rencontrés au CHU de Grenoble, en pleine crise du Covid.

« On s’est rencontrés comme ça : je l’ai aidée à déambuler un patient et on s’est tapé la discute », raconte Simon. S’en sont suivies quelques discussions dans la tisanerie, « sans trop se faire remarquer, car je suis stagiaire ! ». Et Simon s’est débrouillé pour obtenir le numéro de téléphone d’Elane.

Avant que la situation ne devienne chaotique, ils ont réussi à partir faire de l’escalade ensemble et à aller boire quelques verres. Jusqu’à leur premier baiser, deux jours avant l’annonce des mesures de confinement.

Une fois le confinement annoncé, ils ont pu continuer à profiter de leurs sentiments naissants pendant les pauses déjeuner, en piqueniquant ensemble au soleil, aux abords du CHU. « C’est là qu’on s’est rapprochés » confie Simon. Son statut infirmier lui permettant également de continuer à se déplacer librement, et donc de rendre visite à Elena. Mais les stages infirmiers ont été suspendus pour éviter que les étudiants ne soient trop exposés, et Simon doit maintenant rester confiné chez lui. « Nos galipettes sont maintenant illégitimes » se désole-t-il.

Pourtant, ça ne les empêche pas de se voir :

« J’aime bien faire le vilain petit canard » admet Simon. Mais surtout, il n’a pas peur : « On va tous sûrement être malades cette année, si c’est un peu plus tôt tant pis ». Il vit pourtant avec des colocataires, qui ne se sentent pas non plus bousculés par les risques qu’il prend en sortant de chez lui et en rendant visite à Elane, très exposée au virus.

« D’une manière générale, on est d’accord que c’est dangereux. En pratique, ça l’est assez peu. Les cas de gens qui finissent en réanimation sont quand même assez rares. » Au CHU de Grenoble, sur 14 étages, une dizaine a été vidée pour pouvoir faire face à une affluence possible. « On n’est pas dans le rush » conclut Simon.

Loin de la panique générale, Simon vit sa nouvelle passion pleinement. Il se rend chez Elena tous les deux jours. « Je me sens comme un ado » rigole-t-il. Il va bientôt être re-dispatché à l’hôpital et reprendre le travail. L’occasion de pouvoir à nouveau la fréquenter, cette fois-ci en toute légalité.



*Les prénoms ont été modifiés.

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