Episode 6 – « J’ai hâte que cela se termine pour pouvoir être seul »

Episode 6 – « J’ai hâte que cela se termine pour pouvoir être seul »

« Je commence vraiment à avoir hâte que cela se termine pour pouvoir être seul, mais j’apprécie de plus en plus de devoir partager ma vie avec elle. » Aujourd’hui, Ruben* nous raconte les sentiments contrastés qui le traversent pendant son confinement, alors qu’il vit avec sa copine Marina* pour la première fois.


Ruben est originaire de Bulgarie et issu de la communauté tzigane, mais a été adopté par un couple français à l’âge d’un an et demi. Il avait 24 ans quand il a rencontré Marina qui en avait 19, lors d’un rencard qu’elle avait avec… son frère. Ruben, qui est né femme, la rencontre avant sa transition et se prénommait alors Rosanne. Pourtant plutôt attirée par les hommes, Marina a immédiatement un coup de cœur. « Mais je n’étais pas dans une optique de me mettre en couple » raconte-t-il. « Surtout qu’à ce moment-là j’envisageais de commencer ma transition. J’étais encore « très femme », j’avais encore une poitrine, des cheveux longs et une voix très féminine, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. »

Ils se rapprochent tout de même avec le temps et lorsque Ruben trouve le courage de lui annoncer sa volonté de changer de sexe, Marina lui répond sans sourciller qu’il a simplement intérêt à le faire. « C’est à ce moment-là que j’ai su que c’était elle qu’il me fallait » sourit Ruben. Il entame sa transition, heureux d’être accompagné et soutenu par quelqu’un d’aimant, et de leur début de relation plutôt costaud. « Le début de transition a été très dur » précise-t-il. « J’ai eu le droit a beaucoup d’insultes de la part de mes parents et de la part d’inconnus aussi. C’est grâce – ou bien à cause de ça – que notre relation a très vite été bétonnée ».

Ruben et Marina ne vivent pas ensemble car leurs obligations professionnelles ne le leur permettent pas. Ruben vit à Rueil-Malmaison, Marina habite à Roissy où elle étudie l’avionique, chez Air France. Ils ne se voient donc que les week-ends, ce qui convient à Ruben : « Étant de nature très solitaire, même passer un week-end avec elle me faisait un peu perdre mes repères ». Mais à l’annonce du confinement, inquiété pour Marina qui est diabétique type 1, Ruben lui propose immédiatement de s’installer avec lui pendant cette période.

« Avant le confinement j’avais le contrôle sur mon appartement, cela signifiait pour moi d’avoir le contrôle sur moi-même » confie Ruben. « J’ai dû apprendre à lui laisser de la place dans mon appartement et dans ma vie. Je suis mort de peur à l’idée de m’engager sur le long terme et ce confinement a été une bonne obligation car sinon, jamais je n’aurais pris la décision de vivre avec elle. »

Au bout d’un an et demi de relation, le couple découvre la vie à deux, qui vient avec ses bonheurs et ses désagréments. Mais avec une base solide comme la leur, ils ont confiance en ce que l’après-crise leur réserve. Ruben est optimiste : « Je pense qu’après le confinement elle n’aura pas le choix de retourner chez elle car elle a son appartement. Mais à la fin de ses études j’espère bien qu’on renouvellera l’expérience, et ce pour toujours ! »


*Les prénoms ont été modifiés

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